La victime et la justice

Face aux violences envers les enfants, les dispositifs de protection sociale et judiciaire tentent d'intervenir au mieux dans l'intérêt des victimes. 

Mais si l'intervention est indispensable pour mettre fin aux situations de maltraitance et remédier à leurs effets, elle comporte souvent en elle-même une part de violence. 

C'est pourquoi, les victimes ont tendance à se taire ou à hésiter de parler des violences qu'elles ont subies. 

Elles s'enferment dans la peur de détruire leur famille et sont souvent victimes de chantage de la part de l'agresseur pour les obliger à garder le silence. 
Parfois, elles doivent également faire face à l'incompréhension de leurs proches à la révélation des faits.
De plus l'inceste n'étant pas mentionné en tant que tel dans le code pénal, il traduit un désir de masquer la vérité ou de la détourner pour qu'elle paresse moins grave : l'inceste est un viol comme un autre. 
Toutefois, des associations existent et se battent pour faire évoluer les mentalités. 

Elles aident aussi les victimes à vivre et à parler du mal qui les ronge, elles font des campagnes pour sensibiliser ces actes inhumains et trop souvent pratiqués. 

Malgré l'évolution de notre société, de nombreux problèmes restent à résoudre.

 

Si vous n'êtes pas décidé(e) à porter plainte …

Votre décision d'aujourd'hui peut ne pas être définitive. Mais plus vous attendez, plus il sera difficile de retrouver votre agresseur. De plus, vous vous exposez à ce que la police ou la gendarmerie ou les juges vous demandent pourquoi vous avez attendu si longtemps avant de déposer plainte. L'établissement des preuves deviendra de plus en plus difficile.

C'est pourquoi, si dans l'immédiat vous ne vous ne sentez pas prêt(e) à effectuer une telle démarche, écrivez pour vous-même ou enregistrez sur un magnétophone avec la plus grande précision possible ce dont vous vous souvenez (lieux, paroles entendues, bruits, actes, …) : cela pourra vous être d'une aide précieuse si vous décidez d'intenter une action en justice quelques jours ou quelques années après l'agression.

Quelqu'un, peut-être dans votre entourage, saura vous aider. Souvent, il vous faudra chercher ailleurs que parmi vos proches la personne qui vous croira, que vous n'avez rien provoqué ni consenti, mais que la peur, la surprise, les menaces étaient trop fortes.
Que vous êtes la victime...